Le 9 juillet 2026, le Projet Paix et Réconciliation (PPR), en partenariat avec la Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP) de Gitega, a organisé à la Salle des Conférences de l’Archevêché de Gitega (Mushasha) un atelier réunissant des responsables administratifs, politiques, religieux, des représentants de la société civile ainsi que d’autres acteurs engagés dans la promotion de la paix.

Placée sous le thème « Le rôle des responsables administratifs, politiques et religieux dans la consolidation de la paix, de la cohésion sociale et du développement durable », cette rencontre avait pour objectif de renforcer la collaboration entre les différents acteurs afin de promouvoir une paix durable au Burundi.
L’atelier a été ouvert par le représentant du Gouverneur de la province de Gitega, qui a salué les efforts du PPR et de la CDJP pour leur engagement en faveur de la paix. Il a rappelé que la sécurité constitue une condition indispensable au développement économique et social. Le représentant de l’Archevêque de Gitega a, quant à lui, insisté sur le fait que la paix ne se limite pas à l’absence de guerre, mais qu’elle repose également sur la justice, la vérité, la fraternité et la réconciliation. Il a invité les participants à devenir de véritables artisans de paix dans leurs communautés.
Au cours de la première partie de la journée, le Coordinateur du Projet Paix et Réconciliation, le Dr Aloys Misago, a présenté les principales réalisations et perspectives du projet. Il a rappelé que le PPR intervient dans plusieurs pays de la région des Grands Lacs afin de promouvoir l’éducation à la paix, la guérison des traumatismes, la recherche scientifique ainsi que la construction du Centre de Paix et de Réconciliation à Nyanza-Lac. Il a souligné que la paix durable ne peut être construite qu’à travers une collaboration étroite entre les institutions publiques, les Églises, les universités, les organisations de la société civile et les communautés locales.


L’Abbé Célestin Nsabindavyi, Secrétaire exécutif de la Commission Diocésaine Justice et Paix de Gitega, a ensuite présenté la mission de la CDJP, centrée sur la promotion de la justice, de la paix, de la bonne gouvernance, de la cohésion sociale, de la résolution pacifique des conflits et du développement communautaire. Il a particulièrement insisté sur le lien étroit entre développement économique et paix, rappelant que la lutte contre la pauvreté constitue un levier essentiel pour prévenir les conflits.
Deux conférences principales ont marqué l’atelier
La première, animée par M. Oscar Niyonzima, psychologue clinicien spécialisé en santé mentale, portait sur la guérison des traumatismes et la consolidation de la paix. Le conférencier a expliqué que les conflits, les violences et les déplacements forcés laissent souvent des blessures psychologiques profondes qui, lorsqu’elles ne sont pas prises en charge, peuvent compromettre les efforts de réconciliation. Il a distingué la paix négative, qui correspond à la simple absence de guerre, de la paix positive, fondée sur la justice, la dignité humaine, la satisfaction des besoins fondamentaux et des relations harmonieuses entre les communautés. Selon lui, la guérison des traumatismes constitue une étape indispensable pour bâtir une paix durable.

La deuxième conférence, présentée par le Dr Aloys Misago, était consacrée au thème « Développement durable et paix ». Il a montré que le développement humain, la réduction des inégalités, la valorisation des ressources locales, la protection de l’environnement et la participation active des communautés représentent des piliers essentiels de la paix. Il a également souligné que tout leader, qu’il soit administratif, politique ou religieux, doit faire preuve d’humilité, d’écoute, de responsabilité et d’intégrité au service du bien commun.


Les échanges avec les participants ont porté sur plusieurs questions majeures, notamment la situation des réfugiés et des personnes déplacées, les traumatismes laissés par les conflits, la préparation des jeunes à devenir des acteurs du développement, la coopération régionale dans les Grands Lacs, ainsi que les stratégies permettant de réduire les inégalités sociales.
Les conférenciers ont rappelé que les traumatismes individuels et collectifs peuvent alimenter les conflits lorsqu’ils ne sont pas pris en charge. Ils ont recommandé de renforcer les programmes de soutien psychosocial, de développer des espaces de dialogue et de sociothérapie, de promouvoir la réconciliation communautaire et de former davantage d’intervenants spécialisés dans la guérison des traumatismes. Ils ont également insisté sur l’importance d’investir dans l’éducation des jeunes et de promouvoir un développement centré sur la personne humaine afin de construire une société plus juste, inclusive et pacifique.
Dans les cérémonies de clôture, le Dr. Aloys Misago a remercié l’ensemble des participants pour leur engagement et leur contribution aux échanges. Les responsables présents ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur collaboration afin de promouvoir la paix, la cohésion sociale et le développement durable au Burundi.
Cet atelier a permis de rappeler que la consolidation d’une paix durable exige l’engagement de tous les acteurs de la société. En favorisant le dialogue, la guérison des traumatismes, un leadership responsable et un développement inclusif, le Burundi pourra renforcer la cohésion sociale et bâtir un avenir fondé sur la justice, la réconciliation et le vivre-ensemble.

